Je suis un homme de 37 ans qui vit avec le VIH depuis juin 2000. À l’époque où je fus diagnostiqué séropositif, j’habitais aux États-Unis. J’étais alors en relation avec un homme qui était séropositif. Ce que j’ai trouvé le plus difficile n’a pas été de le dire à mon entourage mais bien de vivre le deuil de mon conjoint. Je suis donc revenu sur la Côte-Nord, chez moi, pour me rapprocher de ma famille.
Quand j’ai annoncé la nouvelle à mon entourage, il est certain qu’ils eurent un choc. Par contre, 2 jours plus tard, tout était revenu à la normale. Même si, avec le VIH, rien ne revient jamais totalement à la normale. Je vis présentement une relation amoureuse avec une personne qui n’est pas séropositive. Il m’a accepté comme je suis. Je crois fermement qu’il est très important de ne pas le cacher aux gens qu’on aime, pour notre santé mentale et aussi pour diminuer les stigmates face à la maladie.
Je pense que l’un des avantages de vivre en région est l’accès à l’aide. Je suis plus près de ma famille et il y a les gens d’« Actions Sida Côte-Nord » qui peuvent m’apporter du soutien. Je suis également suivi en microbiologie par le Dr. Laberge qui est très compétent dans le domaine.
Il est par contre plus difficile d’avoir des soins de santé spécialisés. Le temps d’attente pour pouvoir recevoir de l’aide d’un psychologue est long. J’ai dû aussi aller dans les grands centres pour recevoir des traitements médicaux spécialisés.
Les réactions de la population en générale exercent fréquemment une pression considérable entrainant de l’impatience de ma part. Comme mon état sérologique n’est pas caché et que les gens sont généralement assez ignorants de la réalité du VIH, j’ai souvent droit à des questions stupides et blessantes. Je peux quand même dire que je suis, malgré tout, chanceux. J’ai des gens qui m’aiment sans me juger et de l’aide extérieur si j’en ai besoin.
Il m’arrive parfois d’avoir peur de mourir. Nous irons tous, je le sais bien. Mais je souhaiterais que ce ne soit pas trop tôt.